Openworld 2009 : Beehive réinvente la collaboration

Beehive
J’ai vu dimanche une conférence intéressante sur Enterprise 2.0, et les rôles de l’interaction sociale dans l’entreprise. L’objectif d’E2.0, selon ce point de vue, est d’utiliser les outils de socialisation pour créer de la valeur dans l’entreprise. Très intéressant car cela pose les bases de la collaboration, ou plutôt place le débat sur l’interaction sociale plutôt que sur les simples outils d’email ou de gestion de rendez-vous, quels qu’ils soient.
Dans ce contexte, une contrainte apparaît clairement : le modèle du « social networking » et des outils collaboratifs est limité au périmètre des groupes de travail, et des interactions entre des individus qui se connaissent. De fait, dans une entité, dès qu’on dépasse la centaine de personnes environ, la socialisation s’effectue au travers de groupes de connaissances, de collègues, de relations hiérarchiques.
Mais la personne la plus à même de vous aider à résoudre votre problème sur l’instant, est-elle dans ce cercle ? Pas toujours, pas souvent. N’y a-t-il pas des travaux dupliqués dans votre entreprise ? N’êtes vous pas en train de faire ce qui a été fait 100 fois par d’autres ?
Pour répondre à cette interrogation, Oracle devrait livrer dans les prochains mois la nouvelle version majeure de la plateforme de collaboration Beehive. Il s’agit d’une part de compléter les services et IHM actuels, mais également d’étendre le spectre des outils collaboratifs pour proposer une offre unique sur le marché.

Beaucoup de nouveautés

Passons d’abord rapidement en revue les « petites » nouveautés, pour les connaisseurs, Beehive « 2009/2010 » (ni le numéro de version ni la date de sortie ne sont communicables) propose donc tout d’abord nombre d’évolutions :

  • Remote Content Service : possibilité offerte d’attaquer des référentiels de contenu (UCM) depuis les espaces de travail Beehive
  • Coexistence avec Domino en plus d’Exchange
  • Le fameux BDK dont nous avons déjà parlé
  • Un client web fortement amélioré pour les espaces de travail collaboratifs
  • Un client de Webconference pour le Mac
  • Evolutions sur le client Zimbra
  • Des portlets jsr168 déployables sur Webcenter, Websphere …
  • Tout un paquet de petites améliorations fonctionnelles
  • Amélioration des performances dans le cadre de la mise en production pour Oracle Corp (75000 personnes !)

Passer de l’explicite au tacite

Mais l’évolution majeure nous a été présentée aujourd’hui par le Senior VP David Gilmour (non, pas celui-là), ancien président et fondateur de Tacit Software. Elle apporte une réponse complète à cette limitation dont je parlais au début : la collaboration ne fonctionne qu’entre personnes qui se connaissent ou s’identifient comme porteurs d’un rôle.
Ce nouveau module est appelé « Collaboration Brokering« . Par le biais de ces fonctions, l’outil se positionne non plus simplement en support de collaboration, mais en véritable facilitateur.

Beehive - who you need to know

Profiling : détecter les centres d’intérêt

L’outil repose sur une analyse sémantique du contenu collaboratif existant (les emails étant la source d’information initiale privilégiée par Oracle). Le moteur d’analyse effectue des recoupements entre les individus et leurs centres d’intérêt de façon automatisée et transparente, et propose des fonctions permettant d’exploiter ces informations. Les langues disponibles initialement pour ce monteur sont le Français, l’anglais et l’allemand (je sais pas pourquoi j’ai mis le français en premier …).
Cette indexation est capable de travailler avec les connecteurs Exchange / Domino pour analyser les emails extérieurs à Beehive.

Pour établir une « connexion »

L’utilisateur à la recherche d’une information va ainsi fournir des mots-clés et un texte explicatif, le système va proposer une mise en relation aux personnes pour lesquelles les centres d’intérêt (et non pas simplement les mots clés, bien évidemment) similaires ont été détectés. Le demandeur n’est informé qu’à partir du moment ou on lui répond, cela garantit sécurité et confidentialité.
Bien entendu, l’outil propose à l’utilisateur d’invalider des sujets ou expression qui auraient été détectées de façon erronée ou sur lequel l’utilisateur ne souhaite pas être contacté.
De façon très simple et intégrée, les acteurs sui se sont « trouvés » peuvent ensuite échanger (email, forum, etc.), car nous sommes dans un outil collaboratif !

Mais j’ai déjà une solution de knowledge management !

Ma foi tant mieux pour vous, mais le knowledge management a ceci de contraignant qu’il repose sur une démarche déclarative, et une classification qui est forcément restrictive.
Pour comparer ces deux démarches, l’histoire de wikipedia est un bon exemple : wikipedia au démarrage a tenté de mettre en place une démarche structurée, contrôlée pour construire son encyclopédie, avec des process de rédaction et validation préalable bien définis. Echec total. Ils ont ensuite décidé de tout casser, tout ouvrir et de contrôler a posteriori. Avec le succès qu’on connaît.
La démarche d’Oracle Beehive est similaire, plutôt que de tout classifier, laissons l’information établir sa propre classification, avec l’aide de l’utilisateur qui va refuser éventuellement certaines assertions. Efficacité maximale et immédiate.

Complètement intégrée

Beehive architecture

Cette nouvelle fonctionnalité est bien entendu complètement intégrée dans Beehive, par le biais de l’interface Web. Elle peut aussi s’ouvrir sur le SI par le biais du BDK, de portlets JSR 168, et même de d’une intégration incluant un « Searchlet »pour Sharepoint, ce qui permet une utilisation dans différents contextes.

Une révolution ?

Des outils similaires permettant l’analyse sémantique, il en existe. Mais aucun n’est livré 100% intégré dans une suite collaborative, et c’est là que se trouve la force de la démarche d’Oracle, la collaboration sort de l’outil de gestion du contenu collaboratif, pour se concentrer sur l’interaction sociale, son enrichissement qui crée un nouvel espace de collaboration !
MISE A JOUR 2010 : ce module est maintenant proposé commercialement dans l’offre Oracle comme un produit WebCenter (WebCenter Intelligent Collaboration), bien entendu les éléments techniques et fonctionnels exposés ci-dessus restent valables.

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